Communication handicap

Communication handicap et inclusion : le guide complet 2026

Comment structurer une communication handicap réellement inclusive : enjeux, bonnes pratiques, exemples concrets et stratégie RH étape par étape.


Communiquer sur le handicap n’est pas qu’une question d’image. C’est surtout un levier de confiance interne, un moteur de culture managériale et un outil de marque employeur. Pourtant, beaucoup d’organisations hésitent encore sur la manière de s’y prendre. Voici un guide complet, pratique et opérationnel pour bâtir une communication handicap réellement inclusive et engageante.

 

 

 

Pourquoi la communication handicap est un levier stratégique pour l’entreprise ?

La communication autour du handicap est une forme de sensibilisation. Elle occupe une place particulière : elle touche à l’intime, influence la confiance, impacte directement la capacité des collaborateurs et des candidats à se déclarer, à initier une demande de RQTH, ou à simplement, déjà, exprimer leurs besoins.

➡️ Elle ne relève donc absolument pas uniquement de la communication institutionnelle, mais d’une politique globale qui associe RH, managers et direction. C’est cette transversalité parfois oubliée qui fait la différence entre une politique handicap théorique et une politique handicap vivante.

Un enjeu de marque employeur et d’attractivité

Les candidats évaluent désormais la maturité sociale des entreprises à travers leurs prises de parole. Pas seulement dans les pages de votre site carrières, mais dans vos exemples et les preuves que vous donnez.

💡 Les défis pour les RH sont nombreux. Mais une communication transparente qui montre comment l’inclusion se vit concrètement renforce votre crédibilité en tant qu'employeur.

À l’inverse, un discours trop abstrait peut donner l’impression d’un engagement superficiel. Et dans un marché du recrutement tendu, personne n’a envie de rejoindre une entreprise dont la politique handicap ressemble plus à une brochure qu’à une réalité de travail.

Un pilier de climat social et de confiance interne

Pour beaucoup de collaborateurs concernés par un handicap, parler de sa situation suppose de se sentir en sécurité. Cette sécurité n’apparaît pas d’un coup : elle se construit par les signaux répétés et les preuves que votre entreprise renvoie. 

➡️ Une communication claire, régulière et bienveillante réduit les appréhensions, rappelle la confidentialité de la RQTH et ouvre la voie au dialogue professionnel.

Elle agit aussi comme un antidote aux représentations erronées : non, la RQTH ne freine pas une carrière. Non, un aménagement n’est pas un passe-droit. Non, tout le monde ne doit pas nécessairement être mis au courant.

 

Référente handicap et collaborateur se serrant la main

 

Un accélérateur d’inclusion réelle et mesurable

Une politique handicap peut rester invisible pour la majorité de vos collaborateurs si elle n’est pas soutenue par une communication cohérente. Présenter les dispositifs, aiguiller vers les contacts internes, illustrer par des exemples concrets : ce sont autant d’éléments qui permettent à chacun de se repérer.

➡️ Avec une bonne communication, les collaborateurs comprennent ce qui se fait chez vous. Sans communication, ces mêmes actions passent malheureusement totalement inaperçues.

La différence se voit dans les chiffres : taux de déclarations, nombre de demandes d’aménagement, niveau de confiance exprimé dans les baromètres internes… L’inclusion progresse quand l’information circule.

 

 

 


Les fondations d’une communication inclusive sur le handicap

Communiquer sur le handicap nécessite de concilier tact, respect et accessibilité. Plusieurs repères permettent d’adopter une approche juste, sans maladresse ni simplification excessive. C’est un exercice éditorial exigeant, mais pas compliqué dès qu’on en comprend les codes : dire vrai, dire clairement, dire avec considération.

Le cadre légal et les principes essentiels

La confidentialité de la RQTH, le rôle de la médecine du travail, les obligations en matière d’aménagement : ces éléments doivent être présentés avec rigueur.

Pourquoi ? Parce que la méconnaissance nourrit l'anxiété, voire l'angoisse. Expliquer clairement “qui sait quoi”, “qui fait quoi”, “comment ça marche” transforme un sujet anxiogène en un processus professionnel normal, balisé, maîtrisé.

Le langage clair : écrire pour tous

Des phrases courtes, un vocabulaire simple, des messages directs : ces principes ne simplifient pas le propos, ils le rendent accessible.

Ils facilitent la compréhension, notamment pour les personnes concernées par des troubles cognitifs, des difficultés de concentration ou une charge mentale élevée, mais pas que. Le langage clair n’est pas une option : il fait partie intégrante de l’inclusion.

➡️ Checklist : les 10 principes du langage clair :

  1. Une idée par phrase
  2. Des phrases de 15 à 20 mots maximum
  3. Un vocabulaire concret
  4. Pas de jargon inutile
  5. Un ordre logique (cause → conséquence)
  6. Des verbes actifs plutôt que des tournures passives
  7. Des paragraphes courts
  8. Des titres explicites
  9. Des résumés intermédiaires dans les sections longues
  10. Et illustrer dès que possible une explication par un exemple réel
Et vous l'aurez compris, le langage clair bénéficie à tout le monde, pas seulement aux personnes en situation de handicap.

 

 

Tableau et homme qui fait une présentation : Langage clair : simple, direct, structuré

 

Les bonnes pratiques de vocabulaire inclusif

Les mots façonnent les représentations. Ils peuvent inclure ou éloigner, rassurer ou créer un malaise. Le vocabulaire inclusif ne vise pas à “adoucir” la réalité, mais à la décrire sans stigmatiser et sans réduire une personne à sa situation.

On évite le pathos.
On évite les formules maladroites.

On privilégie :

  • La neutralité
  • La justesse
  • L’humanité

Ces choix linguistiques installent un cadre de respect et facilitent les conversations sensibles.

Pour aller plus loin sur ce sujet, les lignes directrices de l’ONU proposent un cadre clair et très complet sur la façon de parler du handicap de manière respectueuse et non stigmatisante.

Accessibilité numérique et éditoriale

L’accessibilité éditoriale n’est pas un bonus cosmétique obscur et un peu optionnel. C’est la condition pour que chacun de vos collaborateurs puisse réellement accéder à l’information.

➡️ Contraste suffisant, structure lisible, sous-titres, texte alternatif, PDF accessibles : autant de gestes simples qui multiplient l’impact de votre communication.

Et plus largement, une entreprise qui communique de façon accessible signale aussi qu’elle pense à tous ses publics. C’est un marqueur culturel fort.


Comment construire une stratégie de communication handicap ?

Une communication efficace se construit comme un projet : avec une intention claire, une audience ciblée et des messages maîtrisés.

Dans une stratégie de contenus inclusifs, l’enjeu est de sortir du réflexe “on communique quand il y a un événement” pour aller vers “on communique pour construire une culture” (et éviter le côté "on communique sans vraie stratégie").

Clarté — messages simples, structurés, compréhensibles.
Régularité — communiquer au fil de l’année, pas seulement en novembre.
Incarnation — témoignages, exemples réels, situations vécues.
Cohérence — alignement entre discours et actions internes.

Définir vos objectifs : sensibiliser, rassurer, activer

Une communication efficace commence toujours par une question simple : qu’est-ce qu’on veut permettre ?

Sur le handicap, trois objectifs structurent la majorité des prises de parole : sensibiliser, rassurer, activer.

  • Sensibiliser, c’est rendre le sujet compréhensible. Ce qui passe par des informations factuelles, des idées reçues déconstruites, des exemples concrets. Tant que les collaborateurs ne comprennent pas les réalités du handicap, ils projettent leurs propres représentations... souvent erronées.

  • Rassurer, c’est installer un climat de confiance. Les collaborateurs concernés ne se cachent pas toujours par manque d’informations, mais aussi par manque de sécurité psychologique. Leur rappeler la confidentialité de la RQTH, expliquer le rôle de la médecine du travail, montrer comment un aménagement se met en place : tout cela réduit leur appréhension.

  • Activer, c’est encourager le passage à l’action. Demander un aménagement, échanger avec son manager, poser une question au référent handicap : ces "petites actions individuelles" coûtent, mais elles sont le fondement de l'inclusion.

Vous l'aurez compris, ces trois objectifs se complètent. Ils orientent le ton, les formats et la fréquence des messages. Sans eux, la communication devient floue. Avec eux, chaque message trouve sa raison d’être et produit un véritable effet.

Identifier vos publics internes et leurs besoins

Chaque public interne n’attend pas la même chose d’une communication handicap. Et c’est normal. Le sujet ne touche pas chacun de la même manière, ni avec le même degré de responsabilité.

  • Les dirigeants veulent une vision : comprendre l’impact stratégique de l'inclusion, la cohérence avec la marque employeur et les risques en cas d’inaction. Ils cherchent du sens, des indicateurs et une ligne claire.

  • Les RH veulent des repères solides : les procédures, les obligations, les circuits internes, les messages à relayer sans ambiguïté. Ils ont besoin d’un cadre pour agir correctement.

  • Les managers veulent être à l’aise et éviter les faux pas. Ils attendent des exemples, des méthodes, des gestes simples pour mener les bonnes conversations... sans crainte de mal faire.

  • Les collaborateurs concernés veulent être rassurés, surtout sur la confidentialité et le déroulement concret des démarches. Ils recherchent comme je l'ai dit plus haut une sécurité psychologique.

  • Les collaborateurs non concernés veulent comprendre leur rôle : comment être un bon collègue, comment éviter les maladresses, comment contribuer à une culture inclusive au quotidien. Ils ont aussi besoin de se sentir fiers de leur entreprise, et la diversité est un critère important pour eux. 

Une communication efficace tient compte de ces attentes différentes, sans se disperser.
Elle propose des messages cohérents, déclinés intelligemment selon les publics… sans jamais raconter cinq versions différentes d’une même réalité.

 

Groupe de collaborateurs, en situation de handicap... ou pas !

 

Choisir les bons messages : pédagogiques, incarnés, récurrents

Les mots façonnent les représentations. Ils créent un climat, une intention, parfois même hélas une barrière.

➡️ Une communication inclusive efficace ne repose pas uniquement sur les mots choisis, mais sur le type de messages que l’on décide de diffuser. Trois dimensions structurent l’ensemble : la pédagogie, l’incarnation et la régularité.

  • La pédagogie permet de déconstruire les idées reçues, d’expliquer les dispositifs, de clarifier les démarches et de rendre le handicap moins abstrait. Les collaborateurs avancent mieux lorsqu’ils comprennent (vraiment) de quoi on parle.

  • L’incarnation montre l’inclusion vécue : aménagements réels, retours d’expérience, portraits des volontaires. Les exemples concrets rendent le sujet humain, proche, compréhensible. Objectif : out le handiwashing ! Welcome humilité.

  • La régularité installe une culture, des réflexes. Un message isolé ne change rien. Une ligne éditoriale continue modifie les perceptions et crée un climat où l’on peut poser des questions, se déclarer ou demander un aménagement.

En combinant ces trois axes, la communication cesse d’être théorique : elle devient utile, crédible et vivante.

1. La pédagogie : pour déconstruire les représentations

Le handicap est un sujet saturé d’idées reçues :

  • “Une RQTH, ça bloque une carrière”
  • “Un aménagement, c’est lourd à mettre en place”
  • “Les managers n’ont pas les compétences”
  • “Je n'ai pas de handicap, je ne suis pas en fauteuil ou aveugle”...

Si vous ne prenez pas le temps d’expliquer, vous laissez les collaborateurs remplir les blancs eux-mêmes. Des blancs qui se remplissent trop rarement avec du factuel.

➡️ La pédagogie ne revient pas à faire un cours magistral. C’est donner une information juste, courte, utile, qui permet aux collaborateurs de comprendre ce qu’ils ne savent pas encore — ou les détromper sur ce qu'ils croient savoir.

Un bon message pédagogique :

  • Corrige une croyance
  • Rassure sans infantiliser
  • Explique sans noyer
  • Et laisse un espace pour les questions

Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est ce qui transforme une culture.

 

Collaboratrice en situation de handicap qui témoigne pour une communication inclusive

 

2. L’incarnation : pour montrer l’inclusion vécue

Rien ne remplace le réel.
Les salariés n'ont de toute évidence pas une foi absolue dans les slogans. Ils croient les exemples (on croit ce qu'on voit).

L’incarnation, ce n’est pas exhiber qui que ce soit. C’est montrer, avec l’accord des personnes concernées, comment l’inclusion se vit au quotidien :

  • Un aménagement de poste
  • Une discussion manager-collaborateur
  • Un binôme DuoDay (mais pas que !!!)
  • Un retour d’expérience authentique

➡️ Les témoignages, même courts, ont un pouvoir que n’aura jamais un bilan de votre politique handicap : ils rendent le sujet humain, proche, imaginable.

Ils disent :

  • “Ça existe chez nous"
  • “Ça se passe bien”
  • “Tu n’es pas seul(e)”

L’incarnation rassure, dédramatise, normalise. Elle fait passer l’inclusion des intentions à celui des pratiques visibles.

3. La régularité : pour ancrer une culture

Vous pouvez écrire le meilleur message du monde : si vous disparaissez pendant huit mois, il ne restera rien.

➡️ La communication handicap n’est pas un événement. C’est un fil rouge, une présence, une respiration régulière dans la vie de l’entreprise.

La régularité installe trois choses essentielles :

  • La crédibilité : on ne parle pas du handicap uniquement quand “c’est la SEEPH”
  • La mémoire : les collaborateurs retiennent ce qu’ils voient fréquemment
  • La permission : plus on en parle, plus il devient normal d’en parler

C'est une histoire de fréquence, mais surtout une histoire de constance.
Mieux vaut une communication simple/courte toutes les 2 semaines qu’un feu d’artifice annuel.

La régularité crée la culture.
Et la culture crée la sécurité psychologique.
Et la sécurité psychologique… ouvre la porte aux demandes d’aménagements, aux discussions sincères, aux pratiques managériales inclusives — je sais que je me répète, mais justement, communiquer, c'est aussi répéter.

 

Collaboratrice se tenant devant un "arbre de la mémoire" autour duquel gravitent des images, des textes, des cerveaux, des clés... etc.

 

👉 Pédagogie, incarnation, régularité.

Le trio qui transforme une communication handicap en vraie stratégie d’inclusion.
Sans ces trois dimensions, tout devient plus compliqué.
Avec elles, tout devient possible.

Sélectionner les bons canaux... internes

Selon la culture de votre entreprise, l’information ne circule pas au même endroit ni de la même manière. Certaines organisations vivent sur Teams, d’autres sur un intranet vieillissant, d’autres encore misent sur la parole managériale ou les newsletters internes.

La bonne nouvelle ? Tous les canaux peuvent fonctionner… à condition de savoir quoi leur confier.

L’intranet

Il est utile pour les contenus “de référence” : la page handicap, les procédures, les contacts clés, les guides pratiques. Ce n’est pas un lieu où l’on revient spontanément tous les jours, mais c’est un socle. Il fixe les règles et donne les informations essentielles au moment où les salariés en ont besoin.

La newsletter interne

Votre newsletter interne peut porter les messages pédagogiques : un chiffre, une idée reçue, un portrait, un exemple d’aménagement. Les formats courts y brillent : un message = une information. Votre newsletter peut aborder divers sujets et se mêler aux sujets marque employeur ou RH internes. C’est un rituel (au minimum mensuel) qui crée du lien et entretient la dynamique.

Les affichages

Ils jouent un rôle discret mais précieux : ils créent des rappels visuels au quotidien. Une affiche “Nos aménagements existent, parlons-en” dans un couloir peut parfois déclencher plus de conversations qu’un mail formel. 

👉 Découvrez la campagne aux 10 000 likes "Ça ne se voit pas (mais c'est là)", à mettre aux couleurs de votre entreprise. Contactez-moi si ça vous intéresse.

Le canal le plus sous-estimé : le manager

Une phrase mal formulée de sa part peut casser des mois de communication positive. Une phrase bien formulée peut tout débloquer.

C’est le canal le plus incarné, le plus décisif, le plus fragile aussi. Quand il relaye les messages, tout prend sens.

🤫 Le secret...

...ce n’est donc pas d’utiliser “le bon canal”, mais d’orchestrer l’ensemble comme un système cohérent.

Un message vu sur l’intranet doit être entendu la semaine suivante dans un brief manager et retrouvé en synthèse dans la newsletter. Sans trop se répéter — on traite les sujets sous plusieurs angles. Mais sans se contredire. Juste une ligne claire, répétée intelligemment, qui installe la culture sans jamais l’imposer.

 

Exemple de post sur LinnkedIn

Sélectionner les bons canaux… externes

En externe, chaque canal a également sa fonction. L’enjeu n’est pas de miser sur tous les canaux mais de choisir le bon message pour le bon endroit (celui où se trouve votre public), sans perdre en cohérence.

L'incontournable site carrières

C’est la vitrine la plus stratégique. On y place les contenus essentiels : politique handicap, dispositifs, contacts internes, exemples concrets. C’est ici que les candidats viennent vérifier si l’entreprise est crédible… ou si sa communication s'apparente à du handiwashing.

L'inattendu blog RH

Eh oui ! Pendant qu'on parle du site carrières, parlons de son pendant "éditorial", sa partie blog. Un espace qui vous permet d'obtenir du référencement sur des mots-clés choisis. De quoi ressortir sur une recherche Google quand un candidat saisit "mécanicien handicap"... Et "accessoirement", ce blog vous permet de lever les interrogations et objections d'un candidat qui visiterait votre site.

La page LinkedIn, le passage souvent obligé

Le terrain idéal pour montrer l’inclusion en action : avec des portraits de collaborateurs, de managers, de collègues, des retours sur ateliers, des présentations de partenariats, et beaucoup de pédagogie et de sensibilisation.

LinkedIn est un canal d’incarnation où on vous attend, et il nourrit autant l’image externe que la fierté interne. La règle d’or : pas uniquement en novembre. La fréquence et la régularité est LA façon de convaincre de vos actions en continu sur le terrain.

Votre profil LinkedIn !

Eh oui ! Vous êtes l'ambassadrice ou l'ambassadeur de votre politique handicap ! Chacun des profils des dirigeants, des RH, des cadres, des responsables de mission handicap ou référents handicap, mais aussi des collaborateurs, sont autant d'occasions d'entériner un message (personnalisé) en l'incarnant.

Et au passage, votre bio LinkedIn est aussi un espace d'engagement (et vos recommandations !). Enfin, apprendre à réseauter ne peut pas non plus vous faire de mal.

Vos commentaires LinkedIn !

Eh non, je n'en ai pas fini avec ce canal. Les commentaires que vous postez ou que votre page poste ont parfois autant voire plus de visibilité que les posts que vous publiez. C'est donc une bonne idée que de trouver des posts intéressants, de les commenter intelligemment. Vous atteindrez un réseau inaccessible autrement. Et cela prend beaucoup moins de temps que de rédiger un post.

Instagram, Facebook, TikTok... la carte joker

Vos candidats et collaborateurs ne sont absolument pas sur LinkedIn ? Vos partenaires et clients non plus ? Il vous faut donc investir les réseaux sociaux dit "perso". Le classique Facebook, vieillissant. L'incontournable Instagram, 1er réseau social en termes d'utilisation. Et le petit nouveau TikTok, qui nécessite un investissement important, puisqu'il met en avant des vidéos, mais qui peut rapporter gros.

Les salons RH et forums emploi spécialisés

Ce sont le lieu des interactions directes. On y répond aux questions, on rassure, on rend la politique handicap tangible. Idéal pour lever les hésitations des candidats.

Les jobboards et plateformes engagées

Parfaits pour toucher les candidats concernés au moment où ils s’informent. Ici, la transparence est reine, et chacune de vos offres d'emploi est un support de communication autant que de recrutement.

 

Cheffe d'orchestre qui mène son orchestre symphonique

 

L’orchestration avant tout

Le but n’est pas de multiplier les prises de parole mais de construire une histoire (vraie et) cohérente.

  • Un message structurant sur le site carrière
  • Un format pédagogique sur LinkedIn
  • Un témoignage relayé par le DRH ou un collaborateur…

➡️ C'est la même intention, formats adaptés, crédibilité renforcée.

Comment structurer un calendrier éditorial inclusif

Communiquer sur le handicap uniquement en novembre (pendant la fameuse SEEPH, je vous connais bien !) revient à organiser des résolutions de nouvelle année : de bonnes intentions de courte durée. La culture, elle, se construit dans la durée, pas au moment de pics d'activité isolés.

Un calendrier éditorial, même minimaliste, permet de :

  • Maintenir la fréquence des messages et éviter les tunnels de silence
  • Lister les piliers éditoriaux et les sujets importants
  • Varier les angles pour répéter le message sans lasser
  • Ancrer le sujet dans le quotidien de votre entreprise

➡️ Il s'agit de créer un cadre narratif : des repères temporels, des moments-clés, des occasions de revenir sur les sujets importants avec un angle différent.

Par exemple :

  • Un message pédagogique
  • Un éclairage sur un dispositif interne
  • Un rappel de confidentialité
  • Un portrait
  • Une action phare
  • Un bilan

Ce n’est pas la quantité qui installe une culture, c’est la régularité. Le calendrier n’est pas un catalogue de contenus. C’est un rythme éditorial qui maintient le sujet vivant, intelligible et accessible.

 

Mois Idée de contenu
Sem 1 Rappel de confidentialité RQTH/vœux inclusifs
Sem 2 Témoignage collaborateur/focus aménagement
Sem 3 Journée de l’audition : pédagogie
Sem 4 Journée de l’autisme : focus sur une action concrète
Sem 5 Portrait de manager expérimenté sur le sujet
Sem 6 Campagne “80 % des handicaps sont invisibles”
Sem 7 Retour d’atelier de sensibilisation
Sem 8 Côté RH : expliquer le rôle de la médecine du travail
... Nov SEEPH : programme + coulisses (tous les événements handicap ici)
Dec Bilan annuel handicap

 

10 formats de communication efficaces pour parler du handicap

Ces formats sont des façons de raconter, pas des thématiques. Chaque format peut accueillir des sujets différents : une action, une info RH, un témoignage, un rappel de procédure, un événement, etc.

 

Format Utilité Exemple d’application
1 Le témoignage Humaniser, incarner, créer de l’empathie Comment X a vécu son aménagement de poste
2 Le portrait Rendre visible une personne, son rôle, son expérience Le quotidien de Y au sein de l’équipe
3 Le format pédagogique Expliquer simplement, déconstruire une idée reçue Le handicap invisible en 3 points
4 Le format institutionnel Donner du cadre et du sérieux Notre bilan handicap 2025
5 Le “saviez-vous ?” Diffuser une micro-info mémorisable Le saviez-vous ? La RQTH ne mentionne jamais votre pathologie
6 Le focus pratique/mode d’emploi Rassurer, guider, rendre les démarches concrètes Comment demander un aménagement en 3 étapes
7 Le format coulisses Montrer la réalité, créer de la transparence Dans les coulisses de notre atelier de sensibilisation
8 L’infographie/visuel explicatif Simplifier une information complexe Le parcours RQTH en un schéma
9 Le quiz/interaction Engager, tester les connaissances, surprendre Vrai ou faux : un aménagement coûte cher ?
10 La mini-interview Faire parler un acteur clé, donner un regard expert 4 questions à notre médecin du travail

 

Les 7 erreurs fréquentes en communication handicap (et comment les éviter)

Communiquer sur le handicap nécessite de la nuance : une formulation maladroite, un angle mal choisi ou un rythme inadapté peut créer de la distance, fragiliser la confiance ou donner une image déconnectée de la réalité.

La communication (autour de l'inclusion) ne supporte ni la précipitation, ni l’ambiguïté, ni la déconnexion du terrain. Voici donc les pièges classiques (et comment les éviter).

 

Vignette où on voit un homme faire des erreurs (pas étonnant ! ;-))

Erreur n°1 : Communiquer uniquement pendant la SEEPH

Si vous avez suivi je l'ai dit et redit : limiter la communication à une seule semaine par an envoie un message implicite : le handicap serait un sujet ponctuel, voire secondaire.

Or, pour réduire les craintes liées à la déclaration, créer un climat de confiance ou encourager les managers à poser les bonnes questions, la régularité est indispensable.

➡️ Des prises de parole continues sont plus efficaces que des campagnes très concentrées dans le temps, puis oubliées.

Erreur n°2 : Ignorer la courbe d'Ebbinghaus

Parce que si vous vous appuyez sur des publications sporadiques, ça équivaut à laisser tous ces beaux enseignements se perdre dans la nature très rapidement.

Vous connaissez la courbe de l'oubli d'Ebbinghaus ? Cette courbe montre à quel point l'information se perd quand le cerveau ne cherche pas à la conserver.

Et pour que le cerveau la conserve, il faudra faire des rappels (fréquents).

 

Graphique représentant la courbe de l'oubli d'Ebbinghaus. L'axe vertical indique le pourcentage de rétention de l'information et l'axe horizontal le temps écoulé. Une courbe montre une chute rapide de la mémorisation juste après l'apprentissage, qui ralentit et se stabilise à un niveau bas au fil du temps, illustrant la vitesse à laquelle nous oublions sans rappels réguliers.


💡  Les recherches en apprentissage montrent en effet que la répétition est bien plus efficace qu’un message unique.

Le principe à suivre ? La répétition espacée.

Une méthode issue des sciences cognitives qui montre que notre cerveau retient mieux une information quand elle est réactivée plusieurs fois, à intervalles croissants.

➡️  En clair :

  • Une exposition unique entraîne une hausse ponctuelle de l’attention
  • Mais 80% de l’information est oubliée en 1 semaine
  • Alors que chaque rappel (même court) renforce les connexions neuronales associées au sujet, et allonge le temps de rétention
  • C’est ce qu’on appelle la consolidation mnésique : le passage d’un savoir “court terme” à une habitude intégrée.

 

Homme qui oublie ses clés, des dates, son portefeuille... etc.

 

C'est pourquoi par exemple chaque sensibilisation devrait être accompagnée d'un mini plan de communication.

Par exemple : 

✅ J+2 : le debrief d'une session de sensibilisation
✅ J+3 : un extrait frappant de la session
✅ J+10 : un mini quizz sur les enseignements à en retenir
✅ J+15 : le témoignage d'un collaborateur en situation de handicap
✅ J+30 : une newsletter (mensuelle) pour traiter des sujets de fond
✅ J+90 : une fiche pour accueillir un collègue en situation de handicap
✅ J+180 : des exemples d'aménagements de poste
✅ J+365 : un mini quiz "RQTH : vrai ou faux ?

Ce n'est qu'un exemple tiré de mon chapeau, à adapter bien sûr en fonction du contenu de la sensibilisation et du contexte de votre entreprise.

Erreur n°3 : Employer un vocabulaire stigmatisant ou flou

Certaines expressions utilisées par habitude peuvent créer un malaise ou renforcer des représentations négatives :

  • “Souffrir d’un handicap”
  • “Un handicapé” et pas "travailleur handicapé par exemple"
  • “Un invalide”
  • “Victime de…”
  • “Il ne peut pas…”
  • “Il a un problème de”

Ce qu’on peut utiliser à la place :

  • “Personne en situation de handicap”
  • “Personne concernée”
  • “Besoins d’aménagement”
  • “Situation de santé qui nécessite un ajustement”
  • “Demande d’adaptation du poste”

 

Homme communiquant avec un mégaphone, mais ce qu'il en sort est une fumée floue

 

 

Erreur n°4 : Adopter un ton trop institutionnel ou trop technique

Un discours très formel peut décourager les lecteurs ou créer une distance. Et un message trop technique peut brouiller la compréhension d'un lecteur, en particulier sur des notions sensibles comme la RQTH ou les aménagements de poste.

Une communication inclusive est claire :

  • Lisible
  • Humaine
  • Directe
  • Pragmatique

Elle parle à tous, sans simplifier à l’excès et sans écraser la réalité du terrain sous un jargon administratif.

Erreur n°5 : Oublier la dimension opérationnelle

Beaucoup d’entreprises parlent d’engagements, de valeurs, de convictions. Peu montrent des actions concrètes.

Or les collaborateurs attendent :

  • Des exemples réels
  • Des cas pratiques
  • Des aménagements
  • Des témoignages
  • Des impacts mesurables

Les candidats sont méfiants : la plupart ont vécu des situations discriminantes à peine après avoir franchi la porte du bureau du recruteur. L’inclusion se crédibilise par ce qui se fait, pas par ce qui se promet.

Erreur n°6 : Ne pas impliquer les managers

Le management intermédiaire est souvent le premier point d’entrée pour les salariés concernés. S’il n’est pas accompagné, formé ou informé, les messages institutionnels restent théoriques.

➡️ Une sensibilisation et une communication efficaces mobilisent les managers comme relais : outillés, rassurés, ils sont légitimes pour répondre.

Erreur n°7 : Ne pas clarifier la confidentialité de la RQTH

Une grande partie des non-déclarations vient d’un manque d’informations sur ce point. Ne pas le rappeler régulièrement entretient la peur et limite les demandes d’aménagement. La confidentialité doit être expliquée simplement, clairement, régulièrement.

 

Femme entourée de points d'interrogation

 

Cette liste d'erreurs fréquentes n'est évidemment pas exhaustive, mais elle peut vous éviter de mettre les pieds dans le plat dans un contexte où ces erreurs sont évitables.

FAQ : les questions les plus posées sur la communication handicap et inclusion

Comment bien communiquer sur le handicap au travail ?

En parlant simplement, régulièrement et sans dramatiser.

Une bonne communication handicap repose sur trois piliers :

  1. Le langage clair : des phrases courtes, un vocabulaire concret, un message par paragraphe, etc.
  2. La cohérence : ce que vous écrivez doit refléter ce que vous faites réellement
  3. Le concret : avec des exemples d’aménagements, des témoignages de volontaires, des chiffres, des actions menées

Ce trio rassure tout le monde :

  • Les salariés concernés
  • Les collaborateurs non concernés
  • Les managers qui ne veulent “pas mal faire”

Plus votre communication est simple, plus elle devient inclusive.

 

Immeuble de bureau dans lequel tous les collaborateurs parlent par la fenêtre, avec un public qui écoute

 

La RQTH doit-elle être mentionnée dans la communication interne ?

Oui, mais intelligemment.

Vous devez rappeler trois choses :

  1. La RQTH est strictement confidentielle : aucune information médicale n’est communiquée à l’employeur
  2. La démarche ne dit rien de la pathologie : seulement des droits associés à la reconnaissance
  3. Elle ouvre des possibilités d’aménagements, mais ne conditionne pas l’accès à un poste ou une évolution

Votre communication doit expliquer, jamais étouffer. L’objectif n’est pas de convaincre : c’est de rendre possible.

Comment encourager les salariés à exprimer leurs besoins ?

En créant un climat où la demande d’aménagement n’est pas perçue comme un aveu de faiblesse.

Concrètement :

  • Expliquez à quoi sert un aménagement
  • Montrez des exemples réels (anonymisés au besoin)
  • Rappelez le rôle de la médecine du travail et la confidentialité
  • Positionnez le manager comme facilitateur
  • Dédramatisez : la majorité des aménagements sont simples (lumière, casque, planning, ergonomie...)

Quand les salariés voient que d’autres ont été accompagnés, ils se sentent autorisés à faire de même.

Quelle différence entre communication autour de l'inclusion et la communication accessible ?

L’accessibilité concerne la forme (langage clair, formats lisibles). L’inclusion concerne le fond (messages respectueux et représentatifs).

 

Communication inclusive Communication accessible
Vise la représentation juste, respectueuse Vise la compréhension de tous
Travaillée sur le fond Travaillée sur la forme
Inclut les publics concernés Aide les personnes ayant des difficultés cognitives, visuelles, auditives
Ex : choix des mots, exemples humains Ex : sous-titres, contraste, phrases courtes

 

Comment éviter que la communication sur le handicap paraisse opportuniste ou superficielle ?

En privilégiant la cohérence plutôt que la performance.

  • On communique régulièrement, pas seulement en novembre pendant la SEEPH
  • On montre des actions vécues
  • On raconte des histoires vraies
  • On précise comment les salariés sont accompagnés

Une entreprise qui parle du handicap une fois, très fort, puis plus rien pendant 11 mois :

  • Perd en crédibilité
  • Et renvoie un message incohérent

Homme avec un mégaphone, qu'on voit communiquer sur une ligne temporelle régulière

Faut-il impliquer les managers dans la communication handicap ?

Toujours. Un manager non formé, c’est une communication interne qui s’effondre en une phrase : “Je ne suis pas sûr qu’on puisse adapter ton poste.”

Les managers doivent :

  • Connaître les interlocuteurs internes
  • Comprendre les principes clés (confidentialité, écoute, besoins)
  • Savoir comment réagir quand un salarié se confie
  • Être capables de transmettre les messages RH sans les déformer

👉 Le manager est souvent le premier point de contact. S’il n’est pas prêt, tout le reste vacille.

Il a un rôle important à jouer en tant qu'ambassadeur de vos actions sur LinkedIn : donnez-leur la parole !

Quels contenus fonctionnent le mieux en communication handicap interne ?

Les contenus qui montrent plutôt que ceux qui déclarent.
Ceux qui donnent des repères plutôt que des intentions.
Ceux qui parlent vrai et avec simplicité.

Encore une fois :

Les contenus humains

✅ Les témoignages : volontaires, courts, contextualisés
✅ Les retours d’expérience de managers (“comment j’ai accompagné…”)
✅ Les mini-interviews : médecin du travail, RH, référent handicap
✅ Les portraits anonymisés (“une situation, un besoin, une solution”)

Les contenus opérationnels

✅ Les exemples d’aménagements (matériels, organisationnels, horaires)
✅ Les “avant/après” d’un aménagement réussi
✅ Les guides pratiques : “Comment demander un aménagement ?”
✅ Les schémas ou checklists (3 étapes, 3 repères, etc.)
✅ Les rappels de confidentialité sur la RQTH

Les contenus pédagogiques

✅ Les formats “1 info = 1 message” (simples, mémorisables)
✅ Les infographies pédagogiques (RQTH, rôle de la médecine du travail, etc.)
✅ Les messages qui déconstruisent une idée reçue (“vrai/faux”)
✅ Les éclairages sur un handicap invisible
✅ Les mini-quiz internes

Pourquoi ces formats fonctionnent ?

Parce qu’ils offrent :

  • De la clarté
  • De la proximité
  • Du concret
  • De la régularité
  • Et surtout : de la sécurité psychologique

 

Une stratégie de communication handicap réussie ne repose ni sur des slogans ni sur une surenchère de messages. Elle tient dans la cohérence entre ce que l’entreprise dit et ce qu’elle fait. Montrer, expliquer, rassurer, écouter : ce sont ces actions répétées qui installent une culture inclusive durable. La communication n’est pas un vernis. C’est un levier de transformation pour toutes les organisations qui prennent le temps de communiquer clairement, simplement et humainement.

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karoline@kompose.fr

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